« Fairyland » – Alysia Abbot raconte son enfance avec son père, au cœur de la communauté gay de San Francisco

1974. A la mort de sa femme, Steve Abbott, poète homosexuel, s’installe à San Francisco avec sa fille de deux ans. Au cœur du Haught-Ashbury hippie, de la scène Beat et de la communauté gay militante, il rejoint une génération décidée à tout vivre. Alysia raconte : son enfance, la bohème, ce père aimant, à part, sa propre quête identitaire aussi. Une féerie, bientôt rongée par le sida…
Un magnifique portrait en miroir, d’une tendresse et d’une force inouïes – entre intime et collectif, leçon d’amour(s) et témoignage engagé, tombeau littéraire et ode à la vie.

Alysia-Abbott

 

Fille unique, Alysia Abbott est née en 1970. À la mort de sa mère en 1973, elle vit seule avec son père dans le quartier de Haight-Ashbury à San Francisco. Après des études à New York puis en France, elle revient vivre avec lui, à sa demande, pour l’assister dans la phase terminale de sa maladie. Journaliste et critique, elle vit actuellement à Cambridge, dans le Massachusetts, avec son mari et leurs deux enfants.

Sofia Coppola a acquis les droits du livre pour une adaptation au cinéma. Le tournage devrait commencé mi-2016. La réalisatrice s’est d’ailleurs exprimée : « J’adore Fairyland. C’est une histoire d’amour à la fois unique et merveilleuse entre un père et sa fille qui ont grandi côte à côte dans le San Francisco des années 1970. Je pense que ce livre fera un film aussi touchant qu’engagé.« 

Extrait
« Dans le courant de l’année 1975, notre foyer s’est apaisé, chacun de nous vivant dans son propre monde : Eddie jouait de la guitare, Paulette se peignait devant le miroir, Johnny méditait dans le jardin d’hiver. Papa était content qu’on le laisse tranquille, il pouvait ainsi lire et écrire pendant que je dessinais des sirènes prés de la fenêtre.
Je passais mes matinées au centre aéré de Haight-Ashbury. Papa faisait peu à peu la connaissance des mères célibataires les plus excentriques du quartier. La mère de Lola, une actrice des Angels of Light, avait joué dans un film de Warhol. La mère de Moonbeam vendait de l’herbe dans son appartement d’Oak Street. Elle avait pour habitude de sortir avec des jeunes hommes, de les faire s’inscrie à l’assistance sociale et d’empocher leurs chéques.
Quand je ne m’amusais pas avec Moonbeam ou Lola, j’étais souvent livré à moi-même. « Les pédés la trouvent mignonne mais ils ont peur d’elle », écrit mon père dans une lettre. « Enfant = responsabilité, la panique ultime pour les égoïstes et les planqués. »
Cette remarque ne valait pas pour Eddie Body. Chaque après-midi, il venait me chercher au centre aéré, le visage barré d’un large sourire. Une fois, il est arrivé en robe. Les animateurs ne l’ont pas laissé entrer dans la classe, jusqu’à ce que j’entende sa voix et que je courre le jeter dans ses bras. Après le centre, Ed et mon père m’emmenaient faire de longues balades au Golden Gate Park. »

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Fairyland

Auteur : Alysia Abbot
Editeur : 10-18
Sortie : avril 2016