Le matricule 7952 du camp de concentration de Buchenwald est devenu jeudi à 97 ans le premier déporté homosexuel fait chevalier de la Légion d’honneur, devant des lycéens impressionnés et très émus par le courage de ce vieil homme frêle.
Lorsque l’hymne de la Résistance française, le Chant des partisans, a retenti dans le collège Maréchal-Leclerc de Puteaux (Hauts-de-Seine), la présence du Français d’origine tchèque Rudolf Brazda, « probable dernier survivant connu des triangles roses », a donné des frissons à toute l’assistante.
Comme Rudolf, quelque 10.000 à 15.000 personnes, selon les estimations, ont ainsi été déportées sous Hitler en raison de leurs tendances sexuelles, les nazis considérant l’homosexualité comme une épidémie dangereuse pour la perpétuation de la race.

« Rudolf incarne un temps nouveau où tout être humain a le droit d’aimer comme il l’entend. Gardez-vous jeunes gens de la renaissance des idées négatives », leur a lancé la présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Marie-Josée Chombart de Lauwe, qui a remis l’insigne à Rudolf.
Lui semble un peu absent. « Je suis heureux et je reçois ce prix au nom de tous ceux qui ont connu les mêmes souffrances que moi », a dit en allemand, d’une voix lente mais forte, M. Brazda qui semblait goûter davantage la poignée de questions des collégiens que les honneurs.

 

SOURCE : AFP