La deuxième lecture du projet de loi relatif à la bioéthique a débuté hier au Sénat. Les Sénateurs sont donc invités à modifier et voter le texte qu’ils avaient examinés il y a quelques semaines, début avril.

Homoz.fr vous propose une séance de rattrapage !

Intervention de Monsieur Guy Fischer, Sénateur Communiste du Rhône-Alpes :

Nous voulons lever la discrimination dont sont victimes les homosexuels masculins en matière de don du sang ou d’organes.

Ils sont exclus du don du sang au début de la pandémie du Sida. Il faut avoir le courage de dire que s’il n’y a pas de population à risques, il y a des pratiques à risques.

En l’état, une discrimination pourrait subsister, si un texte réglementaire considère l’homosexualité comme une contre-indication. Nous nous abstiendrons sur l’article si l’amendement n’est pas adopté.

Alain Milon, Sénateur UMP du Vaucluse et rapporteur du texte répond :

Défavorable. Le texte ne parle que de contre-indications médicales. Peut-être faut-il modifier l’arrêté relatif au questionnaire utilisé par les médecins…

Ce à quoi Mme Nora Berra, secrétaire d’Etat chargée de la Santé ajoute :

Même avis. Les contre-indications sont établies en fonction des données scientifiques et épidémiologiques du moment, et ont vocation à être révisées. La plupart des pays européens s’interrogent ; le Conseil de l’Europe devrait adopter une résolution en novembre pour éclairer les États membres.

(Rappelez-vous ! En première lecture au Sénat, c’est la même Nora Berra qui estimait que « l’homosexualité est un facteur de risque pour le VIH » au point de justifier « une contre-indication » de don… )

Le socialiste Jean Desessard rajoute :

J’ai cosigné l’amendement car il est aberrant qu’en 2011, la France cautionne une telle discrimination. Un arrêté de 2009 définit comme contre-indications les relations sexuelles d’un homme avec d’autres hommes ! Non, l’homosexualité n’est pas un facteur d’exposition au VIH ! Il n’y a que des pratiques à risques. D’ailleurs, le virus progresse plus vite chez les hétérosexuels. De plus, la sécurité des transfusions sanguines s’exerce à plusieurs niveaux. Enfin, nul n’est obligé de dévoiler qu’il est homosexuel : l’interdiction est inefficace.

Sans surprise l’amendement déposé n’est pas adoptéLes homosexuels continueront d’être exclus du don du sang, en raison de leur orientation sexuelle.