Le tribunal de grande instance de Paris a condamné lundi un blogueur strasbourgeois, qui avait propagé des rumeurs sur Martine Aubry, à lui payer un euro de dommages et intérêts pour atteinte à sa vie privée, mais n’a pas retenu le délit de diffamation.

Au mois de juillet, Francis Neri, retraité de 71 ans, avait posté sur son blog un texte intitulé « La Martine de Lille », attribué à un certain « Bertrand », qui imputait à l’ancienne candidate à la primaire socialiste d’être alcoolique, homosexuelle et proche des milieux islamistes.
Le couple Aubry-Brochen avait assigné le retraité strasbourgeois pour diffamation et atteinte à la vie privée, réclamant chacun 500 euros de dommages et intérêts et la suppression du texte litigieux. (…)

Par ailleurs, la poursuite d’atteinte à la vie privée concernait un passage évoquant les « préférences sexuelles » de Martine Aubry. « Cela ne nous regarde pas, sauf si elle décidait de faire passer une loi sur le mariage des homosexuels », était-il écrit dans le texte litigieux.
   Dans ce passage, l’auteur « insinue de façon claire » que Martine Aubry « serait homosexuelle », a constaté le tribunal.
   « L’orientation sexuelle relève par nature de l’intimité de la vie privée », rappelle le tribunal, qui constate par ailleurs que Mme Aubry « a publiquement évoqué ces rumeurs, mais pour en dénoncer le caractère mensonger ».
   « En conséquence, l’évocation par insinuation de l’homosexualité, réelle ou supposée, de Martine Aubry, porte atteinte à sa vie privée », a jugé le tribunal, qui a accordé sur ce point un euro de dommages et intérêt à la maire de Lille.
Le tribunal n’a pas fait droit à la mesure de publication judiciaire sollicitée par la plaignante mais, en revanche, a ordonné à M. Neri de supprimer de son blog le « passage jugé attentatoire à sa vie privée », sous astreinte de 100 euros par jour de retard « passé le délai de huit jours à compter de la signification » du jugement.

A l’audience, le 12 septembre, le blogueur avait plaidé « le droit au débat » et mis en avant le fait que ces rumeurs sur Mme Aubry et M. Brochen avaient déjà été publiées par d’autres médias.

SOURCE : Libération