Le Premier ministre zimbabwéen Morgan Tsvangirai a déclaré lundi qu’il voulait que les droits des homosexuels soient garantis dans la future Constitution du pays, revenant sur un refus précédent.

Même si son porte-parole s’est empressé de préciser à l’AFP que les gays devraient « faire leurs choses en privé« , cette prise de position est nouvelle, M. Tsvangirai ayant soutenu son rival le président Robert Mugabe l’an dernier dans son refus de voir les droits des homosexuels inclus dans la nouvelle loi fondamentale.
« C’est un sujet très controversé dans ma partie du monde. Ma position est que j’espère que la Constitution garantira la liberté d’orientation sexuelle, tant que cela ne gêne personne« , a déclaré Morgan Tsvangirai dans une interview à la BBC.
« Bien sûr, il y a un ressentiment culturel très fort à l’encontre des gays. Mais pour moi, il s’agit d’un droit de l’Homme. Les individus doivent être autorisés à faire leurs choix« , a-t-il ajouté.
Le porte-parole du Premier ministre, Luke Tamborinyoka, a indiqué à l’AFP que M. Tsvangirai croit toujours que « la question de l’homosexualité est étrangère à l’Afrique« .
« Néanmoins, c’est un social-démocrate. Ce qu’il a dit, c’est que les droits des gens ordinaires doivent être respectés tant qu’ils font leurs choses en privé« , a-t-il ajouté.
Après que le Zimbabwe a frôlé la guerre civile, MM. Tsvangirai et Mugabe ont formé un fragile gouvernement d’unité nationale en 2009, le temps d’écrire une nouvelle Constitution ouvrant la voie à de nouvelles élections qui les départageraient.
Le processus, émaillé de nombreux incidents, a déjà pris plus d’un an de retard, un référendum sur le texte n’étant pas attendu avant l’an prochain.
   Robert Mugabe, qui dirige le pays depuis son indépendance en 1980, a notamment déclaré que les homosexuels étaient « pire que des porcs et des chiens« , ajoutant que ce serait de la « folie » de garantir leurs droits dans la Constitution.

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