Lu sur le site d’info Atlantico :

«Il n’y a pas beaucoup de sujets de société sur lesquels Nicolas Sarkozy sera en mesure de proposer une avancée significative pendant la campagne. Il ne bougera pas sur la dépénalisation du cannabis, rien sur le vote des étrangers ni sur l’homoparentalité. Le seul truc auquel il réfléchit, c’est le mariage homo ». Confidence inédite d’un cadre de l’UMP qui poursuit : « David Cameron a surpris tout le monde là-dessus en Grande-Bretagne ».http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/3c/Nicolas_Sarkozy_(2008).jpg/220px-Nicolas_Sarkozy_(2008).jpg

En effet, lors du récent congrès de son parti à Manchester, le Premier ministre britannique a révélé être « en train de consulter en vue de légaliser le mariage gay ». Et de justifier ainsi son évolution sur cette question : « A ceux qui émettent des réserves, je dis ceci : oui, il s’agit d’égalité mais il s’agit aussi d’autre chose : l’engagement. Les conservateurs croient aux liens qui nous unissent (…) Je soutiens le mariage gay parce que je suis conservateur ». Cameron a le sens du contrepied. Alors que les détracteurs du mariage homosexuel s’érigent en défenseurs des valeurs traditionnelles, il retourne l’argument en laissant entendre, au fond, qu’il vaut mieux une famille, même gay, que pas de famille du tout.

Le probable candidat de la majorité en France pourrait-il s’inspirer de cette initiative et introduire dans son programme des éléments allant dans le sens de plus de reconnaissance du couple homosexuel ? Souvenons-nous que lors de la campagne de 2007, à côté du Sarkozy voulant créer le ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale et nettoyer les banlieues « au Karcher », se distinguait le chantre de la discrimination positive qui a « abrogé la double peine » comme il se plait lui-même à le souligner. S’il semble avoir l’intention de mener une campagne de premier tour très droitière afin de contrer l’ascension du FN, Nicolas Sarkozy sait qu’il a aussi conquis le pouvoir par la transgression et par sa capacité à surprendre l’adversaire. Même briguant un second mandat, le Chef de l’Etat devra apparaître comme un homme neuf, quitte à promettre la rupture avec la rupture. Et après tout, le mariage gay n’a-t-il pas été légalisé dés 2005 en Espagne où le poids de la religion est sans doute plus important qu’en France ?