Un projet de loi controversé, permettant de condamner à une amende l’auteur de faits de « propagande homosexuelle » auprès de mineurs, a été approuvé en première lecture au Parlement local de Saint-Pétersbourg, provoquant la colère des défenseurs des droits de l’homme.
   Deux lectures sont encore nécessaires avant que le projet proposé par les députés du parti au pouvoir Russie Unie ne prenne force de loi dans la deuxième ville de Russie.
   Selon ce projet, toute personne commettant « un acte public » de promotion de l’homosexualité, de la bisexualité ou de la transsexualité à l’adresse de mineurs peut être condamnée à une amende allant jusqu’à 3.000 roubles (72 euros). De leur côté, les organisations risquent entre 10.000 (241 euros) et 50.000 roubles (1.205 euros).
   Le projet de loi ne définit néanmoins pas le terme « d’acte public« . Et les défenseurs des droits de l’homme craignent dès lors qu’il puisse être utilisé pour réprimer les manifestations en faveur des droits des homosexuels. En Russie, les gay prides sont déjà régulièrement interdites.
   Selon Vitali Milonov, un des défenseurs du projet de loi, celui-ci a pour but « de mettre un terme au flot d’information immoral qui circule parmi les enfants et les jeunes« .
   Des militants ont manifesté et fait signer une pétition pour s’opposer à ce projet et deux personnes ont été interpellées mercredi alors qu’elles se trouvaient devant les locaux du Parlement local, ont rapporté des médias locaux.
   Le Centre Mémorial contre les discriminations de Saint-Pétersbourg, un groupe de défense des droits de l’homme, a déclaré dans un communiqué que cette loi « contredisait les normes légales russes et internationales« .  
   L’homophobie est largement répandue en Russie. L’homosexualité y était considérée comme un crime jusqu’en 1993, et comme une maladie mentale jusqu’en 1999, bien après la chute du régime soviétique en 1991.

SOURCE : AFP