« Etre homosexuel est un élément d’identité très important« , déclare le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, dans un entretien au magazine gay Têtu, le revendiquant « comme une liberté exceptionnelle« .


« Je suis devenu homosexuel avant 1968, dans une période où tout était interdit (…). Quand mon père, dans la voiture en 1966 (il avait alors 19 ans, ndlr), m’a dit à mon avis, je pense que tu préfères les garçons et ne t’inquiète pas, ce n’est pas un problème, ça ne changera rien à nos relations, j’ai nié« , regrette M. Mitterrand, qui fut chroniqueur à Têtu.
Interrogé par le magazine sur les réticences d’une partie de la majorité UMP sur la « famille homoparentale » ou le mariage homosexuel, il juge « qu’il y a une évolution qui est très nette » au sein de la droite « même si les questions liées à l’homosexualité restent un sujet tabou pour certains« .
« On réinstalle toujours le débat autour de l’homosexualité selon un clivage droite-gauche. Ce n’est pas forcément exact« , souligne-t-il, estimant que « vous avez à droite comme à gauche à peu près la même proportion de gens qui adoptent des attitudes réactionnaires ou des attitudes progressistes« .
« On n’en parle jamais, mais au Front national, il y a aussi des gays« , note Frédéric Mitterrand.
Le ministre de la Culture, l’un des rares hommes politiques à avoir rendu publique son homosexualité, assure d’ailleurs ne pas se sentir pour autant isolé dans le monde politique. « Les relations que j’entretiens avec les responsables politiques ne sont pas orientées par ce genre de considérations« , dit-il.
« Cela dit, de temps en temps, je m’amuse au Conseil des ministres à me dire: est-ce qu’il y en a un, à un moment ou à un autre, qui pourrait ou aurait pu faire partie de la fanfare ? », plaisante-t-il.
Sur le chapitre du mariage homosexuel, le ministre déclare qu’il fera tout ce qu’il peut pour faire progresser le sujet, bien qu’il refuse lui-même l’idée de se marier. « Je n’ai pas envie que la liberté que j’ai acquise consiste à reconstituer les schémas d’une société qui a créé l’oppression. Mais je souhaite que tous ceux qui veulent se marier puissent le faire« , note-t-il.
« C’est une cause qui avance« , estime M. Mitterrand, qui se dit « sûr » que l’ouverture du mariage aux couples de même sexe pourrait être décidée par un gouvernement de droite.
« Alain Juppé a reconnu que c’était légitime«  et « j’ai le sentiment qu’il y a une évolution générale » à laquelle le président Nicolas Sarkozy « est sensible« .
Frédéric Mitterrand dit en outre être « à fond pour » l’homoparentalité. « J’ai recueilli des enfants que j’ai élevés. Trois. Adopter, on ne peut pas. De toute façon, je voulais pas qu’ils soient coupés de leurs parents« , confie-t-il par ailleurs à Têtu

SOURCE : AFP