Le Défenseur des Droits (le remplaçant de la HALDE), l’Organisation Internationale du Travail et l’institut de CSA viennent de rendre publique une étude sur la perception des discriminations au travail : regard croisé salariés du privé et agents de la fonction publique.

On apprend en premier lieu qu’un personne interrogée sur quatre déclare avoir déjà été victime de discrimination dans le cadre du travail.

Pour ce qui nous concerne. Ces personnes interrogées sont partagées quant à l’opportunité de dévoiler son homosexualité à son entourage professionnel. La majorité pense que ça relève de la vie privée…

17% des agents et 13% des salariés du privé pensent que se dévoiler peut avoir des conséquences sur les conditions de travail.

Rassurez-vous, tous les sondés condamnent les comportements homophobes, ils sont, pour la plupart, favorables à toute mesure prise en faveur du respect du choix des personnes transsexuelles, après leur changement de sexe. Pour preuve 85% des agents et 78% des salariés trouvent grave ou très grave que l’employeur refuse de modifier les coordonnées professionnelles (civilité et prénom) là où elles apparaissent (répertoire, badge etc.).

Dans un autre registre, 23% des agents et 20% des salariés interrogés estiment qu’être séropositif ou atteint du sida est un inconvénient au travail.

11% d’entre eux (toutes catégories confondues) estiment qu’être homosexuel est un inconvénient pour être embauché dans leur entreprise. 7% des agents et 10% des salariés lorsqu’il s’agit d’être lesbienne

Focus de l’institut CSA :

A la différence de ce qui apparaît sur le dévoilement du handicap, questionnées sur l’éventualité qu’une personne dévoile son homosexualité à son entourage professionnel, agents de la fonction publique et salariés du privé semblent s’interroger sur l’intérêt d’une telle démarche. En effet, 51% des agents de la fonction publique et 46% des salariés du privé estiment que cela contribuerait à mettre mal à l’aise le reste du personnel. Plus d’un tiers considère même que cela pourrait avoir un impact négatif sur la carrière de l’agent / salarié en question (38% des agents de la fonction publique et 39% des salariés du privé). Au final, seule une minorité des interviewés juge ainsi qu’une telle révélation contribuerait au bien-être de l’agent / salarié concerné (36% et 36%) et à sa bonne intégration au travail (32% et 36%).
En effet, une part non négligeable déclare avoir déjà remarqué des attitudes de rejet ou de dénigrement à l’égard des personnes homosexuelles dans son établissement / entreprise (22% des agents publics et 23% des salariés du privé), des propos homophobes (18% et 15%) et des insultes verbales ou écrits homophobes (8% et 8%). Enfin, les dégradations de bien matériels personnels (3% et 1%), les violences (2% et 2%) et les menaces d’outing (2% et 2%) apparaissent beaucoup plus marginales.
Parmi les 43% des agents publics et 35% des salariés du privé qui ont justement eu l’expérience d’une personne de leur entourage professionnel ayant dévoilé son homosexualité, 17% des agents et 13% des salariés font part de difficultés pour ces personnes à exercer leurs fonctions du fait de leurs collègues de travail, 8% et 9% font part de difficultés avec les clients ou fournisseurs, 8% et 9% avec leur supérieur direct et 6% et 10% avec la direction.

 La synthèse complète est ici.