J’ai peur en écrivant aujourd’hui cet article. Peur pour mon pays, peur pour ma famille, peur pour moi-même. Mon intervention constituera un choc pour mes parents, qui préféreraient certainement que je reste dans l’ombre et le silence, au moins pour le moment. Mais je ne peux pas.

C’est par ces quelques lignes que commence la lettre d’Omar Sharif Junior, petit fils du grand acteur egyptien Omar Sharif. Publiée, initialement dans le magazine gay The Advocate , elle est aujourd’hui traduite en français dans le n°1117 du Courrier international.

J’écris aujourd’hui avec une saine lucidité vis-à-vis des risques que je prends, parce que j’ai peur que le printemps arabe ne nous fasse pas avancer mais reculer. C’est donc avec circonspection que je livre ces confessions : je suis égyptien, à moitié juif et homosexuel.

(…)

Cette triple confession peut paraître tout à fait bénigne à bon nombre de gens en Europe et aux États-Unis, je crains que ce ne soit pas le cas en Égypte. Je m’attends à être vilipendé, méprisé et très certainement menacé. (…) Je veux une place dans la nouvelle Égypte. J’écris pour faire partie de ce pays.