En 2009, Roselyne Bachelot, avait maintenu l’interdiction aux personnes homosexuelles de donner leur sang. Le parti socialiste avait alors réagit par communiqué de presse.

Mme Bachelot vient d’annoncer que le don du sang restait impossible pour les personnes homosexuelles. Cette annonce est d’autant plus décevante venant d’une femme politique qui a eu par le passé un courage politique sur ces questions. Sans méconnaître les chiffres faisant état de risques supérieurs dans la population homosexuelle, le Parti socialiste refuse que l’on confonde les populations dans leur ensemble et les pratiques à risque. Cette confusion est à la fois discriminatoire et inefficace. Elle est discriminatoire, car on assimile tout homosexuel à un porteur de risque. Les pratiques à risque ne les concernent évidemment pas tous et les hétérosexuels peuvent aussi avoir des pratiques à risque. Le message ainsi donné à la population est que tout homosexuel, quelles que soient ses pratiques, est un séropositif potentiel. Elle est inefficace, voire dangereuse, car le risque est ici d’encourager la dissimulation de la réalité des pratiques des personnes désireuses de donner leur sang, dès lors que l’on est sur un système déclaratif. Le Parti socialiste demande qu’une évolution du système du don du sang permette de changer les procédures, afin d’éviter ces amalgames et discriminations tout en améliorant la prise en compte des risques réels.

Communiqué de Mireille Le Corre Secrétaire nationale à la santé et à la sécurité sociale

Durant la campagne présidentielle de 2012, l’association SOS Homophobie avait envoyé à chaque candidat un questionnaire. Parmi les questions : Ouvrirez-vous le don du sang aux homosexuels ?

Réponse de François Hollande, alors candidat :

Oui, je mettrai fin à l’exclusion du don de sang, parce que chaque prélèvement est contrôlé d’abord, et parce qu’il est dévastateur à tous les niveaux d’accréditer une forme de présomption de séropositivité des hommes homosexuels. Il n’y a pas de « population à risques », mais des « pratiques à risques ».

En juin 2012, SOS Homophobie rappelle que la ministre de la Santé, Marisol Touraine déclaré « On peut et on doit revoir cette politique. (…) Dans les mois qui viennent, nous serons en mesure de faire évoluer cette situation. »

Aujourd’hui, la promesse de François Hollande semble enterrée. Le Comité national d’éthique (CCNE) préconise de continuer à exclure les personnes homosexuelles du don du sang. Dans un rapport d’une cinquantaine de pages, le Comité justifie sa position. Le président rappelant que « le don du sang n’est pas un droit. Ce qui prime c’est la santé et la protection du receveur ».

Les homosexuels sont exclus depuis 1983 du don du sang.