Les homos vont-ils bientôt pouvoir donner leur sang ? Pas si sûr… mais ça avance (tout) doucement

La Cour de Justice européenne a surpris le monde LGBT. Il y a quelques jours, elle a estimé que l’exclusion des personnes homosexuelles du don du sang pouvait être « justifiées » mais « sous strictes conditions » tout en conseillant la France de trouver « des méthodes moins contraignantes que l’exclusion permanente du don de sang« .

« Je vais provoquer une réunion à la fin du mois de mai avec l’ensemble des acteurs concernés pour voir comment faire évoluer le questionnaire » que chaque potentiel donneur rempli afin de mettre fin à « cette discrimination qui interdit aux homosexuels de donner leur sang parce qu’ils sont homosexuels mais en même temps qui garantisse la sécurité de tous ceux qui ont besoin de sang pour leur santé » a annoncé Marisol Touraine, ministre de la Santé en quittant le Conseil des ministres.

Pour rappel, un hétérosexuel qui aurait eu un rapport sexuel à risques (non protégé ou au moins deux partenaires dans les 4 derniers mois) se voit exclure du don temporairement. Alors qu’un homosexuel est considéré – de fait – comme une personne qui a des pratiques à risques et est donc exclus définitivement.

 

La ministre souhaiterait revenir sur cette exclusion définitive, en proposant une exclusion temporaire de 12 mois… Allez savoir, pourquoi là encore, une différence est faite entre les hétéros et les homos…

Historique du combat concernant le don du sang par des personnes homosexuelles :

 

En 2009, Roselyne Bachelot, avait maintenu l’interdiction aux personnes homosexuelles de donner leur sang. Le parti socialiste avait alors réagit par communiqué de presse.

Mme Bachelot vient d’annoncer que le don du sang restait impossible pour les personnes homosexuelles. Cette annonce est d’autant plus décevante venant d’une femme politique qui a eu par le passé un courage politique sur ces questions. Sans méconnaître les chiffres faisant état de risques supérieurs dans la population homosexuelle, le Parti socialiste refuse que l’on confonde les populations dans leur ensemble et les pratiques à risque. Cette confusion est à la fois discriminatoire et inefficace. Elle est discriminatoire, car on assimile tout homosexuel à un porteur de risque. Les pratiques à risque ne les concernent évidemment pas tous et les hétérosexuels peuvent aussi avoir des pratiques à risque. Le message ainsi donné à la population est que tout homosexuel, quelles que soient ses pratiques, est un séropositif potentiel. Elle est inefficace, voire dangereuse, car le risque est ici d’encourager la dissimulation de la réalité des pratiques des personnes désireuses de donner leur sang, dès lors que l’on est sur un système déclaratif. Le Parti socialiste demande qu’une évolution du système du don du sang permette de changer les procédures, afin d’éviter ces amalgames et discriminations tout en améliorant la prise en compte des risques réels.

Communiqué de Mireille Le Corre Secrétaire nationale à la santé et à la sécurité sociale

Durant la campagne présidentielle de 2012, l’association SOS Homophobie avait envoyé à chaque candidat un questionnaire. Parmi les questions : Ouvrirez-vous le don du sang aux homosexuels ?

Réponse de François Hollande, alors candidat :

Oui, je mettrai fin à l’exclusion du don de sang, parce que chaque prélèvement est contrôlé d’abord, et parce qu’il est dévastateur à tous les niveaux d’accréditer une forme de présomption de séropositivité des hommes homosexuels. Il n’y a pas de « population à risques », mais des « pratiques à risques ».

En juin 2012, SOS Homophobie rappelle que la ministre de la Santé, Marisol Touraine déclaré « On peut et on doit revoir cette politique. (…) Dans les mois qui viennent, nous serons en mesure de faire évoluer cette situation. »

Aujourd’hui, la promesse de François Hollande semble enterrée. Le Comité national d’éthique (CCNE) préconise de continuer à exclure les personnes homosexuelles du don du sang. Dans un rapport d’une cinquantaine de pages, le Comité justifie sa position. Le président rappelant que « le don du sang n’est pas un droit. Ce qui prime c’est la santé et la protection du receveur ».

En France, les homosexuels sont exclus depuis 1983 du don du sang.