Le joueur britannique de rugby Keegan Hirst fait son coming-out

Dans une interview au journal Daily Mirror, Keegan Hirst a fait son coming-out ! Euh, qui ça ? Oui, effectivement…

Keegan Hirst a 27 ans, est britannique et est joueur professionnel de rugby. C’est même le premier joueur professionnel anglais à avoir fait son coming-out !

« J’ai pensé, dans les pires jours que je ne pouvais pas faire ça, je préfèrerais être mort plutôt que cela se sache.« 

« Au début, je ne pouvais même pas dire ‘je suis gay‘ dans ma tête, alors à voix haute. Maintenant je me sens vivant, comme si je respirais après avoir retenu mon souffle pendant longtemps.« 

« J’ai une femme et des enfants. J’ai travaillé dans le bâtiment, j’ai été portier, travaillé dans une usine, je joue au rugby. Je coche toutes les cases qui définissent un macho. Comment pourrais-je être gay ? Je suis de Batley bon dieu. Personne n’est gay à Batley.« 

« La seule fois où je me sentais libre, c’était quand j’étais sur un terrain de rugby. Maintenant je me sens libre.« 

  • Keegan Hirst – Sa femme et ses enfants

KeeganHirst-BatleyBulldogs« Le jour où je l’ai épousée, je pensais être avec elle pour le reste de ma vie. Je l’aimais et j’étais heureux de l’épouser. Je jouais le dimanche et puis je sortais. Je buvais tout et n’importe quoi, des pintes, des shots. Je buvais 20 pintes à chaque fois. Je rentrais à 5h30 le lundi pour être debout à six heures pour le travail. Ma femme me demandait pourquoi j’étais sorti jusqu’à pas d’heure, avec qui j’étais, ce que je faisais et où j’étais ? Parfois, je ne pouvais pas répondre parce que je ne pouvais tout simplement pas me souvenir – mais je sais que je suis toujours fidèle, je ne l’ai jamais trompée.« 

« Ce n’est pas que je n’étais pas heureux avec elle, c’était que je n’étais pas heureux avec moi-même.« 

« J’ai finalement dit à ma femme que j’étais gay il y a quelques semaines. Elle se l’est reprochée quand nous nous sommes séparés mais je sais qu’elle n’a rien fait de mal. Je ne pouvais plus le supporter, la culpabilité de tout ça, le fait qu’elle ne sache pas pourquoi j’étais parti. Ça me dévorait. Je suis allé vers elle et lui ait demandé si je pouvais lui toucher un mot. Mon estomac était noué. Nous nous sommes assis à la table de la cuisine et je lui ai dit, ‘Il y a quelque chose que je dois te dire‘. Aucun mot ne sortait de ma bouche, je sentais que j’allais être malade. Mais je suis parvenu à le dire. Elle n’a rien dit au début. Je lui ai expliqué pourquoi et comment je me sentais, c’était très émouvant. Nous étions tous les deux en larmes. Elle n’a pas posé beaucoup de questions, mais elle a été d’un très grand soutien. Elle n’avait absolument aucune idée. C’était incroyablement difficile, mais pour moi ce fut une situation bizarre, parce que c’était aussi libérateur. Nous ne l’avons pas encore dit aux enfants, ils sont trop jeunes pour comprendre. Je ne sais pas comment je pourrais l’expliquer.« 

« Je suis désolé de ce que je lui ai fait traverser, j’espère que c’est juste une histoire de ‘mieux vaut tard que jamais’. Elle a maintenant la chance de recommencer sa vie, de trouver quelqu’un pour être heureux avec. Elle le mérite« .

  • Keegan Hirst – Son enfance

C’est à l’adolescence que Keegan Hirst s’est sans doute posé la question de son homosexualité.

«J’avais des petites amies, mais à environ 15 ans, je commençais à me sentir attiré par les gars aussi. J’ai eu des sentiments contradictoires, mais c’était quelque chose que j’avais réprimé. Ça ne se faisait pas de l’admettre.

Au moment où j’ai eu 18 ans, je suis dans le déni complet, en espérant qu’il s’en irait. Il était inconcevable de dire à quelqu’un ce que je ressentais. Ce n’étais pas clair dans ma tête alors comment pourrais-je le dire à quelqu’un ?

La société dicte que quand vous êtes un garçon de 16 ans, vous avez une petite amie, vous couchez avec elle et c’est comme ça. Surtout en tant que joueur de rugby. Vous sortez, allez boire. Je me suis convaincu que je ne pouvais pas être gay, c’était inconcevable « 

  • Keegan Hirst – Et maintenant ?

« Heureusement, j’ai des amis et une famille que j’aime et j’ai pu leur parler. Je suis enfin bien dans ma peau, probablement pour la première fois de ma vie. Les gens continuent de dire que je suis courageux – Je ne me sens pas courageux. Je ne parle que de moi. Ils ont été là pour moi quand j’en avais le plus besoin.« 

Source : Daily Mirror